Les garçons sont beaux !

En rose, en bleu, en vert, en violet, en jaune… Avec des cheveux longs, courts, bouclés, raides, bruns, roux, attachés, lâchés… En jean, jupe, t-shirt, chemise, robe… Minces, gros, grands, petits… Avec des bijoux, du maquillage, du vernis… Cela peut paraitre évident pour beaucoup, comme enfoncer une porte ouverte. Pourtant, quand on a un·e enfant avec des cheveux bouclés, de longs cils et qui aime porter du rose, les gens semblent toujours étonnés d’apprendre que c’est un garçon…

Natural beauty is the best beauty

Dans notre société, les petites filles se doivent d’être belles – selon des critères qu’il conviendrait d’ailleurs de discuter même si ce n’est pas l’objet de cet article ! Elles sont souvent réduites à des compliments physiques, renforcés par leurs tenues vestimentaires. Une même petite fille va être d’autant plus complimentée en robe qu’en jean. Exit les compliments sur la force de caractère, l’audace, la curiosité… Et pour celles qui ne rentrent dans aucun critère, exit les compliments tout court. Bien évidemment, des nuances existent car les normes de beauté étant ce qu’elles sont, les petites filles racisées, qui donc ne se retrouvent que peu dans tous les médias qui valorisent la beauté, doivent entendre qu’elles aussi sont belles, mais pas que bien sûr !

3 t-shirts qu’on peut trouver dans la penderie de Bout’Chou

Les garçons eux sont complimentés sur leurs autres attributs, leur force, leur assurance, leur énergie. A chaque fois qu’on m’a dit que ma fille était belle et que j’ai corrigé, les gens se sont excusé·e·s ! Iels étaient désolé·e·s de s’être trompé·e·s bien sûr ou peut-être désolé·e·s d’avoir réduit un garçon à sa beauté physique. Certain·e·s maintiennent, s’étonnent, questionnent sur cette efféminisation malveillante des parents… « Pourquoi faites-vous ça ? » m’a-t-on demandé régulièrement. Parce qu’au-delà du fait que je n’ai pas à me justifier, il est beau comme ça, ses cheveux au naturel jamais coupés, ses grands yeux considérés comme bridés tout en ayant des longs cils, sa fossette unique, son teint relevé par les couleurs vives… Et vous venez de me le dire qu’il était beau !

photo by caique silva - unsplash

Tout comme pour les filles racisées, la question de la beauté chez les garçons racisés dépend de nombreux points autres. Les hommes racisés peuvent être beaux mais leur beauté est souvent animalisée. Les gens se permettent de toucher des bras, des torses, des cheveux…

Etre soi même, y a rien de tel !

Demandez à mon fils s’il aime ses cheveux ou s’il préfèrerait les couper et la réponse sera claire.

Il y a d’ailleurs le naturel et il y a ce qu’il aime, et qui n’a rien à voir avec son entrejambe ou ses organes internes. Il ne porte plus de chemise par exemple, car il déteste ça. Mais il ne porte pas de robes non plus car je ne lui en ai jamais mis, il voit bien qu’il y a un truc… Sauf quand il s’agit de la robe de la Reine des neiges, mais c’est une toute autre histoire !

C’est tout ce qu’il aime qui façonne sa personnalité et qui le rend encore plus beau que sa simple plastique. Sa curiosité à tout essayer sans penser que son pénis lui interdit quelconque activité le rend d’autant plus lumineux et radieux. Vivre son enfance simplement comme un enfant, et non seulement comme un garçon, contribue, je pense, à son épanouissement et donc à sa beauté révélée. #letkidsbekids

Fer de lance du changement

On a finalisé l’inscription à l’école cette semaine. Je pense que tout parent appréhende, mais quand on porte un certain engagement qui n’est que trop peu partagé et quand son enfant risque d’en subir les conséquences, j’imagine que c’est encore pire. Le Directeur, bien qu’ayant demandé avant la rencontre, a immédiatement pensé que Bout’Chou était une fille. Il a même bugué quand on l’a corrigé. Une fois que c’était assimilé plus de souci, et on a eu un bon feeling tout de même, mais ça reste un stress supplémentaire.

Comment l’armer pour maintenir et renforcer la confiance et l’amour qu’il a en lui-même ? Comment le protéger de celleux qui ne comprennnent pas, qui le renient ou pire pourraient le harceler ? Ou encore comment lui permettre de s’affirmer, ou de se conformer même temporairement, en toute (relative) sérénité ? Je n’ai aucune réponse, peut-être des brides de réponses… Et comme depuis le début, on va s’informer avec tout ce qu’on trouve, faire le tri, imaginer nos propres solutions, construire notre propre parentalité et improviser !

Et puis il y a les mamans exemples qui te donnent de la force pour y croire encore et des outils pour accompagner au mieux nos enfants ou pour aider les enseignant·e·s. Les coups de cartable, je reste bien sûr mitigée mais faut ce qu’il faut pour se défendre… et les affiches et les petits dépliants à glisser dans la poche, je suis 100% pour !

Source : Maman Rodarde

Dans la bibliothèque de Bout’Chou

Une petite sélection qui parle de la beauté des garçons, de ceux qui veulent la révéler différemment, de ceux qui aiment ce qui ne leur est sociétalement pas autorisé, et qui vont bien et s’épanouissent comme cela, et c’est bien ça le plus important. En petit édit : je viens d’apprendre que Julian is a mermaid a été traduit et sort en français fin mars, édité par L’école des loisirs sous le titre Julian est une sirène.

Julian is a mermaid

Une si belle ode à être soi-même, peu importe les attendus genrés du monde…

Thomas et la jupe

Cette ode au droit à la différence, à la « dégenrisation » des attributs, ici vestimentaires, est un véritable vent frais qui a tout de suite été adopté par Bout’Chou !

Le boubou rose

Intersectionnalité, bonjour ! Sacha aime tellement son boubou rose fraichement rapporté du Bénin par sa grand-mère, qu’il ne le quitte plus, mais à l’école c’est une autre histoire…

La dictature des petites couettes

La grande question : les garçons peuvent-ils être beaux ? et donc participer à un concours de beauté ? voire gagner face à des filles ?! Et bien Gabriel, malgré les remarques extrêmement blessantes d’Olga, Ana et Sophie, décide de leur prouver que oui, oui et encore oui !

Free to be incredible me

Lors de son premier jour d’école, Manny a appris quelque chose qu’on ne lui avait jamais dit : il y a des choses que les garçons ne devraient pas faire, comme s’habiller « comme une fille » ou jouer avec des poupées.

Le petit garçon qui aimait le rose

Les désillusions de Luc font mal au coeur, mais on apprécie son empathie et son courage lorsque le « stéréotype du mâle alpha » qui a passé sa journée à lui faire du mal… A PEUR !


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