Sexe, genre et sexualité ?

OK… On reprend fort ! Oui c’était la rentrée et oui j’ai été très occupée… Pas d’article pendant un mois et demi, alors que ce n’est pas pas les idées qui manquent ! J’ai notamment été bien prise par la publication très prochaine (enfin!) du rapport de Womenability (ce sera l’occasion d’un autre article), et de l’exposition qui l’accompagne. Et comme cette dernière est toujours visible au Pavillon des Canaux, j’en profite pour partager ici les premiers éléments de réflexions qui servent d’introduction à l’expo !

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Sexe VS Genre ?

Quelques éléments de définitions…

Nous naissons quasi tou.te.s avec un sexe qui définit notre identité sexuelle, femme ou homme. Quasi ? Oui car un bébé peut naitre intersexe, ce qui signifie que son appareil génital est atypique (sans vagin ni pénis, sans ovaire ni testicule…). Quel qu’il soit, notre sexe ou non-sexe induit des différences biologiques.

Le genre se distingue du sexe en ce qu’il s’intéresse aux différences sociales entre femmes et hommes, et non pas à leurs différences biologiques. Notre identité de genre est donc celle qui est construite par l’environnement dans lequel nous évoluons.

 

Est-ce que notre sexe induit notre genre ?

Oui, dit le courant essentialiste : femmes et hommes sont caractérisés par des éléments innés et inaltérables, directement induits par la biologie. Ainsi une femme serait par essence douce et maternelle, appréciant le rose et le maquillage, alors qu’un homme serait par nature fort et aventurier, préférant le bleu et la mécanique.
Plus que justifier les inégalités entre les sexes, les essentialistes expliquent de la même manière les inégalités naturelles qu’il existerait notamment entre les différentes races ou classes sociales.

Non, dit le courant constructiviste: il n’existe pas de féminité ou de masculinité par nature. Le genre féminin et/ou masculin d’une personne se construit socialement en fonction de son environnement : famille, école, travail, médias, pays… On parle alors de socialisation du genre. Femmes et hommes intègrent dès la naissance des comportements qui sont attendus d’elles et d’eux en fonction de leur sexe : comment se comporter, se tenir, parler, penser… Par habitude ces gestes peuvent finir par sembler naturels.
En plus du sexe, d’autres facteurs sociaux doivent être pris en compte dans ces comportements attendus : âge, origine, orientation sexuelle, classe sociale…

 

Comment fabrique-t-on des filles et des garçons ?

Bien que les quelques exemples suivants peuvent sembler de l’ordre du cliché, ils participent encore et toujours à la construction des frontières entre les sexes et les genres

Pour un même bébé, dont on change le prénom et le pyjama, annonçant ainsi la naissance d’une fille ou d’un garçon, des expériences de psychologie montrent que les adultes n’ont pas les mêmes perceptions : un garçon est vu comme vigoureux et volontaire, une fille est décrite comme fine et délicate…

Plus tard, les jeunes filles apprennent à se tenir tranquille, à rester discrètes, à serrer/croiser les jambes, à jouer à la poupée ; habillées en rose, dans des vêtements marqués « princesse » ou « pipelette »… A l’inverse, les garçons sont invités à bouger, se dépenser, prendre de la place, jouer à des jeux de construction ; habillés en bleu, dans des vêtements marqués « little boss » ou « I’m cool ».

A l’adolescence et l’âge adulte, les médias (films, magazines, publicités…) continuent de réaffirmer que les femmes doivent rester jeunes, belles et minces, savoir gérer les tâches domestiques, pendant que les hommes s’intéressent à la science, au sport et au sexe (autrement que dans l’idée de satisfaire son partenaire…).

Pour les enfants intersexes, le terme « fabriquer » de la question prend un sens littéral. De manière quasi systématique, ils subissent dès leur plus jeune âge de multiples interventions chirurgicales et traitements hormonaux pour que puisse être cochée la case « F » ou « H » des dossiers administratifs…

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Et la sexualité dans tout ça ?

Certain.e.s diront que sexe, genre et sexualité sont interdépendants. Un homme avec des caractères sexuels mâles (pénis, poils…) et donc des comportements masculins (fort, aimant le sport, buvant de la bière…) devrait naturellement être attiré par une femme avec des caractères sexuels femelles (vagin, seins,…) et donc des comportements féminins (délicate, maquillée, faite pour être mère,…), et inversement.

Néanmoins, notre société est loin d’être si binaire.

En matière d’identité de genre, on appelle « cisgenres » les personnes qui s’identifient au genre lié à leur identité sexuelle de naissance, et « transgenres » celles qui s’identifient à un autre. Femmes, hommes, intersexes peuvent chacun choisir des attributs et des comportements dits féminins ou masculins. Il n’en découle pas pour autant une sexualité spécifique.

En matière d’orientation sexuelle, il existe une pluralité de possibilités : hétéro-, homo-, bi-, pan, a- sexuel.le.s… et une infinité de nuances qui ne dépendent ni du sexe de naissance, ni de l’identité de genre.

 

Bref, en quelques mots empruntés à Simone de Beauvoir…

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Pour aller plus loin

  • Le deuxième sexe, Tomes I et II, Simone de Beauvoir, 1949
  • Nos cerveaux, tous pareils tous différents !, Catherine Vidal, 2015
  • Le féminisme, en 7 slogans et citations, La petite Bédéthèque des Savoirs, Tome 11, Anne-Charlotte Husson et Thomas Matthieu, 2016

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