Comment diversifier sa bibliothèque ?

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Spoil alert : voir des personnages à la peau marron sur la couverture n’est pas suffisant…

Nous ne le dirons surement jamais assez : Les représentations comptent. Mais… Seules les représentations justes comptent.

La représentation n’est pas une fin en soi. C’est un outil de lutte contre un système d’invisibilisation, d’aliénation, d’interdiction de porter nos voix. C’est un outil de lutte pour :

  • nous construire avec une image juste de nous-mêmes, de nos communautés, de nos cultures,
  • humaniser et légitimer nos vécus, nos expériences, nos sentiments,
  • incarner notre présence dans tous les médias, et
  • clamer haut et fort, avec fierté, que nous ne sommes pas les autres.

Se poser les bonnes questions et compter

Merci Charline… Cela parait relativement simple mais si vous commencez à vraiment vous poser des questions, vous ne vous arrêterez plus ! Mais c’est une charge mentale que tout le monde doit partager afin qu’elle devienne moins lourde pour les personnes minorisées qui n’ont pas le luxe d’avoir le choix d’y penser ou non.

Les représentations ne touchent pas que les personnages présentés dans les livres. Il ne suffit pas de mettre un petit personnage jaune de la couleur du sol avec des yeux en trait au fond de la cour pour des représentations justes… Il ne suffit pas non plus d’afficher un·e enfant à la peau marron sans penser davantage son identité, ni réfléchir à ce que cela implique dans notre société.

C’est toute la chaîne du livre qu’il est important de questionner. On va jouer à un jeu : pensez à votre bibliothèque, vos livres préférés peut-être ? Je vais vous poser des questions sur les éléments les plus visibles : les personnages, les auteurices et illustrateurices, les maisons d’édition.

1- Les personnages

  • Qui est personnage principal ? Qui est secondaire ?
  • Qui est minorisé·e ? Combien de personnages racisés, queer, handi, gros, etc ? Combien de personnages à l’intersection de plusieurs oppressions ?
  • Comment le sait-on ? Quelle description / illustration en est faite ? Quels mots / éléments / stéréotypes sont utilisés pour faire comprendre ?
  • Quelle est l’action des personnages minorisés ? Quels rôles leur sont attribués ?
  • Quelle prise en compte de la minorisation dans l’histoire ? Ou est-ce totalement occulté ?

Ce n’est pas parce que le sujet d’un livre n’est pas l’oppression que les personnages minorisés ne la subissent pas pour autant. En parler même quand ce n’est pas le sujet, c’est ce qui permet l’ancrage d’une histoire et des représentations plus justes.

2- Les auteurices-illustratrices

  • Qui a écrit cette histoire ? Est-iel concerné·e ?
  • Si oui, est-iel situé·e par rapport au sujet ? Si non, quelles ressources ont été utilisées pour écrire et transmises au lectorat ? Une personne concernée n’aurait-elle pas pu apporter un meilleur ancrage à cette histoire ?

Une partie est clairement rhétorique… Sans que ce soit un gage de justesse, être concerné·e par le sujet dont on parle reste une bonne base pour écrire.

  • Est-iel français·e ? traduit·e ? et par qui ?

Si l’auteurice n’est pas français·e, il y a de fortes chances que vous trouverez davantage de réponses aux questions précédentes sur les sites des maisons d’éditions originales, notamment US et UK dont les bio d’auteurices et d’illustrateurices permettent de les situer, contrairement à l’universalisme blanc cis hétéro valide du système français.

3- Les maisons d’édition

  • Quels sont les engagements de la maison d’édition ? A-t-elle prévu un programme « diversité » ?
  • Combien de personnages / d’auteurices minorisé·es a-t-elle publié·es ? Combien d’auteurices français·es pour combien de traductions ?

Il ne suffit pas de dire « oui on publie des minorités si ça ne nuit pas à la qualité éditoriale », alors qu’on ne le dit pas pour des femmes cis blanches valides…

  • Qui édite les histoires ?
  • Quels recrutements des personnes minorisées au sein de l’entreprise ?

On en parle des couvertures ? Allez lire cet article :

Clique pour lire l’article de Delphreads

Ne pas se voir représenter ce n’est pas que dans les livres, c’est aussi douter (à systémiquement raison) de l’édition de nos écrits par des personnes non concernées…

Dans la bibliothèque de Bout’Chou

Après avoir publié les statistiques du CCBC, voici donc les chiffres de notre bibliothèque. Clairement moins scientifique mais un peu plus croisés…

  • Asiodescendants : 24%
  • Afrodescendants : 20%
  • Multi : 9%
  • Blancs : 21%
  • Animaux / Objets : 16%
  • Nativedesc. Amérique : 3%
  • Nativedesc. Océanie : <1%
  • Sans : 6%

Et pour aller encore plus loin :

  • Queer : 12%
  • Handi : 1%
  • Gros : 1%

Et comme dans ma vie, Excel prend beaucoup (trop) de place… Mais m’a permis de croiser rapidement certaines catégories que j’aimerais évidemment affiner et surtout faire également pour les auteurices.

Livres classés suivant la racialisation perçue du personnage principal (PP)

D’autres articles du blog à lire

Et oui, ce n’est pas la première fois, ni la dernière, que je parle de représentations. Il y a déjà de nombreuses ressources disponibles !

Liste non exhaustive

Sans parler de toute la bibliothèque et bien évidemment, les animaux ne comptent pas !

A vous de jouer !


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