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Mon père a inscrit mon fils au rugby

Le jour de la naissance de mon fils mon père était en stage entre entraineurs de rugby. Il m’appelle et me dit : « C’est bon, j’ai vu avec le Président du club de ta ville, Bout’Chou a sa place réservée ! ». Il faut savoir que la FFR ne commence les cours qu’à partir de 5 ans…

 

Mon père et ses filles

Mon père a eu quatre filles. Nous n’avons pas été élevées « comme des filles » mais comme des enfants pour lesquels il souhaitait le meilleur pour notre vie future. Cela n’a pas toujours été facile d’être un papa « moderne ». Par exemple, il a été le premier de son équipe – d’hommes virils dans un boulot viril – à prendre ses jours enfants malades. Ou encore, ils n’étaient que deux papas (et non, pas des chômeurs…) à la sortie de l’école. Et je crois que lorsqu’il nous regarde aujourd’hui, il ne regrette rien.

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Quand il a appris qu’il allait être grand-père, il a pleuré. Quand il a appris que c’était une fille, il a ri : « Ah une fille ! Ça je connais ! ».

Quand il a appris qu’il allait être grand-père pour la seconde fois, il m’a serrée fort dans ses bras. Quand il a appris que c’était un garçon, il a été fier.

 

Pourquoi cette différence ?

Je crois que lui-même ne s’attendait pas à une telle réaction… Bien évidemment, mon père n’avait pas pré-inscrit sa petite-fille au rugby, ni à sa naissance ni depuis. Pourtant il encourage le rugby dit féminin. Il faudrait d’ailleurs arrêter de mettre féminin « pour préciser » un sport alors qu’on ne précise pas quand c’est masculin, football, rugby, handball, tennis,… Ainsi, il est extrêmement fier d’avoir entrainé une des actuelles juniores de l’équipe nationale.

 

La suite de notre conversation :

Moi : « Tu te rends bien compte qu’il fera les activités qu’il voudra ? et que s’il veut faire de la danse, il fera de la danse ? »

Mon père : « Oui bien sûr, mais c’est au cas où, comme ça c’est fait ! Mais pas de foot, hein ?! Tu sais que je préfèrerais l’accompagner à ses compèt’ de danse et porter ses ballerines que de le voir jouer avec un ballon rond ?! »

Comme quoi, la question du sexe, du genre et des activités induites à pratiquer est vite passée à la trappe !

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La fabrication des garçons et donc des hommes

Alors qu’il s’en moque royalement, ce sursaut de fierté car « c’est un garçon alors il va pouvoir naturellement faire du sport et qui plus est un sport viril » est ressorti d’on ne sait où, surement de l’éducation genrée que mon père a lui-même reçue.

Malheureusement, c’est encore comme cela que l’on fabrique les garçons d’aujourd’hui et donc les hommes de demain. Les garçons seraient par nature aventuriers : ils auraient besoin d’espace pour se défouler et tenter toutes leurs expériences, sans pour autant avoir le droit de pleurer. Les filles seraient par nature calmes : elles auraient besoin de tranquillité, de conversation pour exprimer leurs sentiments et être dans l’échange, sans pour autant avoir le droit de trop s’épandre. Plus tard, ces mêmes garçons se devraient d’être des hommes ambitieux, virils et sportifs, alors que ces mêmes filles se devraient d’être des femmes empathiques, douces et maternelles. Et si on ne brise pas ce cercle vicieux, ces mêmes hommes et ces mêmes femmes transmettront cette même éducation genrée à leurs enfants.

Or rien de tout cela n’est naturel. Catherine Vidal, neurobiologiste, l’explique parfaitement dans Nos cerveaux, tous pareils, tous différents !. La plasticité cérébrale[1] de notre cerveau permet son évolution constante, cette dernière étant liée aux interactions avec notre environnement. Il n’y a donc pas de déterminisme d’ordre biologique qui justifierait l’attribution de rôles et d’activités différents en fonction du sexe. Et surtout rien n’est figé.

 

Juste pour conclure, trois passages choisis de ce livre que je vous recommande.

[J'ai lu] Nos cerveaux, tous pareils, tous différents ! par Catherine Vidal, collection Égale à égal. La plasticité cérébrale de notre cerveau permet son évolution constante liée aux interactions avec notre environnement. Il n'y a pas de déterminisme d'ordre biologique qui justifierait sexisme, racisme ni même élitisme. Avec des explications courtes, simples mais précises, Catherine Vidal déconstruit les études pseudo scientifiques au service de l'idéologie essentialiste, dans laquelle femmes et hommes seraient différents par nature impliquant alors des rôles différents dans la société par nature : résultats peu concluants réalisés sur des échantillons réduits, biaisés par l'idéologie, ne prenant pas en compte le genre… Bref une éthique scientifique à revoir, mais qui est pourtant souvent reprise dans les médias. La publication des passages est arbitraire. Repost suite à un bug… #jailu #livre #cerveaux #plasticitecerebrale #égalité #difference #catherinevidal #science #institutpasteur #inserm #recherche #genre #sexe #femmes #hommes #filles #garçons #determinisme #féminisme #éducation #educationgenree

Une publication partagée par Mon fils en rose (@monfilsenrose) le

[1] La plasticité cérébrale est la capacité du cerveau à réorganiser les connexions entre les neurones en fonction des apprentissages et des expériences, et cela à tous les âges de la vie.

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