C’est un garçon, laisse tomber la motricité fine

Il y a quelques semaines je me suis retrouvée dans un traquenard : l’anniversaire d’un enfant d’un an où il n’y a que des enfants du même âge et leurs parents… Je parlerai dans un autre article de l’impossibilité des parents à ne pas se mêler des jeux des enfants mais c’est une autre histoire !

Là, notre amie nous expliquait toutes les avancées de son fils mais finit par dire…

“La motricité fine, c’est pas son truc“

Et là j’entends : « En même temps c’est un garçon ! »

kaamelott-oh-putain

Bien sur que c’est évident que la motricité fine c’est pas son truc. Les garçons sont juste des bourrins, le gros œuvre mais jamais les finitions ! Fais toi une raison, c’est ça le naturel : aux garçons la démolition, le bruit, les gros pâtés, le grossier, la virilité quoi ! Les filles, elles, aiment passer des perles, dessiner des trucs jolis, aider maman à la cuisine. La douceur et le calme c’est essentiel pour affiner la motricité.

Donc ton fils, lâche l’affaire, t’y peux rien.

Non mais ce qu’il faut pas entendre !

C’est sur qu’en partant du postulat qu’un enfant est à son maximum de ce que son penis ou sa vulve peut lui apporter en matière de motricité, on va pas aller loin !

De nombreuses études démontrent que le cerveau détient une telle plasticité qu’il est capable d’apprendre toute sa vie. Ce qui est difficile adulte, ce n’est pas que le cerveau apprend moins vite, c’est qu’il est moins entraîné. C’est comme si vous repreniez le sport après une longue période d’arrêt, bonjour les courbatures ! Je conseille toujours un livre très court : Nos cerveaux tous pareils, tous différents, par Catherine Vidal aux éditions EgalE à EgalE.

View this post on Instagram

[J'ai lu] Nos cerveaux, tous pareils, tous différents ! par Catherine Vidal, collection Égale à égal. La plasticité cérébrale de notre cerveau permet son évolution constante liée aux interactions avec notre environnement. Il n'y a pas de déterminisme d'ordre biologique qui justifierait sexisme, racisme ni même élitisme. Avec des explications courtes, simples mais précises, Catherine Vidal déconstruit les études pseudo scientifiques au service de l'idéologie essentialiste, dans laquelle femmes et hommes seraient différents par nature impliquant alors des rôles différents dans la société par nature : résultats peu concluants réalisés sur des échantillons réduits, biaisés par l'idéologie, ne prenant pas en compte le genre… Bref une éthique scientifique à revoir, mais qui est pourtant souvent reprise dans les médias. La publication des passages est arbitraire. Repost suite à un bug… #jailu #livre #cerveaux #plasticitecerebrale #égalité #difference #catherinevidal #science #institutpasteur #inserm #recherche #genre #sexe #femmes #hommes #filles #garçons #determinisme #féminisme #éducation #educationgenree

A post shared by Mon fils en rose (@monfilsenrose) on

Mais quand tu es enfant, tu ne fais que apprendre. Tous les jours quelque chose de plus, qui peut paraître insignifiant mais dans les premières années c’est fulgurant. Je suis impressionnée tous les jours par mon fils, même si ça peut paraître peu objectif haha !

Et si on arrêtait de genrer les capacités de nos enfants ?

Mes éléments de réponse étaient loin d’être parfaits car je sais que mes convictions ne sont pas toujours partagées, j’essaie alors d’amener à faire réfléchir sans pour autant braquer les autres… En très condensé cela pourrait donner :

… Ou alors, ton fils n’a qu’un an et il assimile tellement de choses qu’il ne peut pas tout faire. Il est aussi possible que ça ne l’intéresse pas, soit pour le moment, soit jamais. Mais si on se dit que ça ne sert à rien, alors on ne saura jamais. J’enfonce une porte ouverte mais la motricité s’affine de jours en jours, de semaines en semaines, de mois en mois, d’années en années. C’est à son rythme, celui de sa personne, rien à voir avec son sexe…

En relisant d’un bloc, ça sonne très leçon de morale mais dans la discussion je fais attention haha !

Bout’Chou a une tendance petit bourrin, on va pas se mentir, mais quand ça l’intéresse il sait être très doux et suffisamment calme pour contrôler ses mouvements, dans la capacité d’un enfant de 18 mois, il ne faut pas l’oublier.

Et pour avoir vu grandir quelques petites filles, on n’est loin de la douceur incarnée ! Par contre, petit à petit, beaucoup d’entre elles ont été ou sont orientées vers des jeux et des activités plus calmes et favorisant l’apprentissage d’une motricité plus fine…

Et chez vous, c’est comment ?

2 réflexions sur “C’est un garçon, laisse tomber la motricité fine

  1. Chez moi, à un an, la motricité était loin d’être fine !
    D’ailleurs, à 35 balais, ma motricité fine laisse toujours à désirer (l’expression « avoir deux mains gauches » me correspond assez, enfin c’est variable selon le niveau de fatigue).
    Je ne me rappelle pas où en étaient mes gosses à 1 an, mais je dirais : plutôt pas loin. Maintenant, à 6 et 2,75 ans, c’est bien suffisant pour le quotidien.
    Sinon, j’ai un meilleur argument : les dessins de mon neveu de 11 ans (https://twitter.com/titemoineau/status/1035150225768427521?s=12). Si ça, ça ne demande pas de la motricité fine !

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s