Le boubou rose

  • Auteur·rice : Olga Dupré
  • Illustrateur·rice : Olga Dupré
  • Edition : Teham
  • Date de publication : 2016

Voici l’histoire de Sacha, un petit garçon qui se retrouve confronté aux clichés à cause de ses origines et à des stéréotypes de genre. Mamie Mauricette, sa grand-mère chérie lui a offert un boubou qu’elle a apporté d’Afrique. L’album raconte avec humour comment Sacha et sa mamie gèrent les réactions de ses copains d’école, quand il s’habille en boubou.

Intersectionnalité, bonjour ! Sacha aime tellement son boubou rose fraichement rapporté du Bénin par sa grand-mère, qu’il ne le quitte plus, tout juste pour le laver quand cela commence à être un peu juste pour le nez… Mais à l’école, les autres enfants ne comprennent pas son « accoutrement », déjà le principe même du boubou, et rose qui plus est !

Ce qui fera finalement changer d’avis les autres garçons, ce n’est pas qu’en Afrique on a une totale autre vision des vêtements et du genre des couleurs, mais que le rose peut plaire aux jolies filles de l’école… C’est le point que je trouve dommage, la plus jolie fille de l’école étant, semble-t-il, blanche aux cheveux lisses.

Il n’empêche que peu importe les motivations, les copains de Sacha finissent tous par porter un boubou avec du rose. Heureusement que Mamie était prête à coudre toute la nuit pour aider son petit-fils adoré. J’aime cette mamie à la peau foncée et aux cheveux courts, là où Sacha et son frère ont une carnation de peau plus claire du fait de leur métissage. Big up Mamie Mauricette !

Edit : Après quelques échanges, je souhaitais apporter quelques ajouts. J’avais vu des boubous courts mais il semble qu’ici ce ne soit pas très adapté à ce que porte ce petit garçon. Je n’ai pas non plus parlé des illustrations contrairement à mon habitude car ce n’est clairement pas ce qui a attiré mon attention en premier et je comprends tout à fait lorsqu’on me dit qu’elles ne sont pas à la hauteur. Enfin, là où je tenais surtout à apporter des précisions, sans être toutefois une experte, c’est sur le terme « intersectionnalité ». Théorisé par Kimberley Crenshaw, ce concept aborde en tout premier lieu les questions des multiples systèmes de domination qui agissent sur les femmes noires, puis a été très rapidement élargi aux femmes racisées. Néanmoins, les hommes racisés, qui n’entrent pas dans le cadre d’une virilité attendue, entrent selon moi dans ce schéma de « double peine », d’où mon utilisation sûrement abusive de cette notion. Le concept de multi-dimensionnalité proposé par Darren Lenard Hutchinson permet peut-être de couvrir non seulement les exclusions faites par les systèmes de domination, mais aussi les injonctions faites, y compris aux personnes privilégiés ?

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